Faut-il avoir recours à un freelance ?

Venu tout droit de la langue anglaise, le terme free-lance - désormais largement répandu en France -, désigne une certaine catégorie de travailleurs indépendants. Souvent lié à l’économie numérique, principalement dans des professions qualifiées comme développeurs informatiques ou consultants, ces électrons libres du monde du travail se distinguent des chefs d’entreprise ou des indépendants des professions libérales. Chez eux, pas de fond de commerce, pas d’actifs immobilisés, pas de licences, ils choisissent de se mettre à leur compte et de faire valoir leurs compétences, sans employer d’autres personnes. 

Autrefois marginal, le freelance n’est plus vraiment une curiosité sur le marché. En France, on en dénombre aujourd’hui 900 000, selon une étude Malt - Ouishare : « le freelancing en France » réalisée en 2017, soit une augmentation de 126% en dix ans. Pourquoi le nombre de travailleurs indépendants augmente-t-il ainsi ? Dans un monde globalisé et en constante mutation, les cartes du système ont tout simplement été rebattues. 

Dans les secteurs de l’économie numérique, certaines entreprises peinent à réaliser des plans de recrutement sur plusieurs années, et beaucoup de jeunes actifs rejettent un carcan traditionnel qui impose des règles sans offrir la sécurité d’autrefois. « Comment dénicher la perle rare ? » est devenue l’une des questions les plus posées dans le monde des recruteurs qui fait face à une pénurie grandissante de talents. Alors, faut-il avoir recours à des travailleurs indépendants ? Surtout, comment mener à bien cette relation de travail ? Voici un petit guide.


LES AVANTAGES 

  • Un recrutement rapide et efficace. Les travailleurs indépendants ou freelances sont appelés pour une mission précise, puis rémunérés sur facture. Autrement dit, ils sont généralement rapidement opérationnels et peuvent s’intégrer au projet, tout en permettant à l’entreprise, de faire l’économie de la rigidité d’un contrat et des démarches correspondantes. À l’image du recrutement, la fin de la prestation est également plus souple, un point essentiel lorsqu’un professionnel ne correspond pas aux attentes de l’entreprise.


  • Un travail de qualité. La plupart des freelances choisissent de quitter le monde du salariat. C’est le cas de 97% des ingénieurs selon l’étude précitée. Conscients de la fragilité de la relation professionnelle mais aussi, souvent, passionnés par leur travail, ils ont la satisfaction de leur client en tête, avec un objectif : fidéliser. La garantie d’un travail minutieux et bien exécuté. Par ailleurs, pour se démarquer de la concurrence, les freelances ont à coeur de se maintenir à la pointe des nouveautés. C’est le cas dans les secteurs où ils sont de plus en plus nombreux - développeurs, graphistes, traducteurs ou rédacteurs -, où certains apportent ainsi une réelle expertise dans leur domaine. Dans les technologies d’informations et le numérique, quelque-uns disposent même de compétences clés que les sociétés ne parviennent plus à intégrer. 


  • Un nouveau regard sur l’entreprise. Forts de leurs compétences expertes, mais aussi de leur indépendance, les freelances sont parfois une plus-value pour le développement et la modernisation du groupe. Ils disposent d’un regard neuf sur l’activité, d’un panel de clients et de diverses expériences, et peuvent émettre des observations constructives sur la culture de l’entreprise. S’ils côtoient les employés, ces prestataires ponctuels peuvent même ouvrir de nouvelles perspectives, comme proposer et diffuser de nouvelles méthodes de travail.


ATTENTION À … 

  • Trouver la bonne personne. Avant toute chose, il est essentiel de faire le tri pour dénicher la « perle rare ». Comment procéder ? Dans un premier temps, il faut définir ses besoins dans un cahier des charges. Puis, fixer un budget minimum et maximum. Cette étape impose de réaliser une étude de marché pour comparer les prix et de définir précisément vos attentes pour trouver un équilibre, un « fit ». Au-delà du réseau direct, il existe de nombreux outils pour trouver un professionnel de qualité. Il y a bien sûr Linkedin, la plateforme destinée aux professionnels, mais aussi divers sites de recrutement, certains sont généralistes comme Indeed, d’autres plus spécifiques - ProfilCulture, pour les professionnels de la culture par exemple, FashionJob dans l’univers de la mode etc. Pensez également au moteur de recherche classique, ou aux sites spécialisés dans les prestataires comme Malt, Crème de la Crème, Upwork, 99 designs pour les créatifs, Comet dans la tech ou la data, ou encore Codeur.com pour les développeurs. Les indépendants y décrivent précisément leur domaine de compétence, et sont notés par leurs clients. Et si vous ne parvenez pas à définir précisément vos besoins, ni à décrire les compétences nécessaires au projet, il peut être judicieux de passer par une agence de freelances, comme CreativLink ou Skillvalue créées spécifiquement pour guider les clients.

  • Définir les modalités de la prestation. Il faut ensuite s’entendre sur la mission, une date de rendu et un prix. La rémunération d’un indépendant n’est pas un salaire, elle est librement négociée entre le professionnel et le client. Il faut cependant garder en tête qu’il / elle doit s’acquitter de tous les frais et les inclure dans le coût de la prestation. Toutefois, il n’existe pas de minimum salarial chez les freelances, ni de modalités établies : la rémunération peut-être fixe ou proportionnelle à un résultat, elle correspond aux fruits des négociations entre les parties. Au cours de la réalisation de la prestation, il faut retenir qu’un indépendant n’est pas un subordonné, la relation avec le client tient ainsi davantage d’un partenariat qu’il faut entretenir et mener à bien.

  • Nouer une relation sur le long terme. Travailler avec un freelance regorge d’avantages, notamment d’un point de vue administratif. Mais au delà de la souplesse que le statut permet, trouver la bonne personne n’est pas sans contraintes : la prospection, la négociation, la gestion engendre des coûts importants pour l’entreprise. La solution ? Sans nul doute, nouer une ou plusieurs relations sur le long terme, et réaliser une économie d’échelle sur le recrutement et l’intégration. Un processus qui permet d’offrir d’un autre côté, une sécurité au professionnel indépendant.

A bien des égards, recruter des freelances peut-être utile pour booster la productivité et notamment pour un projet en particulier : rapidité, efficacité, service à la pointe mais aussi retour et ouverture. Toutefois, la pratique est relativement nouvelle, et, qu’il s’agisse de la méthode de recrutement ou du management, l’intégration de ces professionnels répond à des codes propres, qui s’éloignent du salariat classique : les intégrer permet de répondre efficacement à un besoin ponctuel ou de nouer une relation de confiance sur le long-terme, dans un schéma gagnant-gagnant. 


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Rédaction : Charlotte

Photos : WTTJ

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