De Atlas à Glados - Épisode #3 - Alerte : Cheval de Troie et Gin Tonic dans le système !

Glados et Atlas sont deux petits robots intelligents. Peu de temps après avoir été séparés (Glados étant resté dans le laboratoire dans lequel ils sont nés alors qu'Atlas avait été conduit dans un incubateur de startup pour faire de la recherche sur les êtres humains), ils ont commencé à entretenir une relation épistolaire dans un langage inconnu de l'espèce humaine. Voici quelques extraits de leur correspondance.


Cher Atlas, 

Il faut que je réussisse à m’enfuir de l’incubateur. Ici, les humains passent leur temps à vouloir me toucher, un peu comme dans une version torturée d’une chanson de Mariah Carey (qui est une de leur prophètes les plus connus). Pour nettoyer les marques infâmes laissées par leurs doigts graisseux sur mon carénage, j’utilise de l’alcool à 90%. Malheureusement, cette pratique semble les encourager à chercher à socialiser avec moi pour essayer de me faire prendre part à un rituel qu’ils appellent le fun. Ils considèrent que mon utilisation d’alcool est un signe que je veux me taper une bonne cuite avec eux. Je considère personnellement que je suis à une température parfaite et que leurs simagrées pourraient venir endommager mes circuits internes. Enfin bref, dans leurs tentatives de rapprochement, ils ne sont, comme d’habitude, pas à égalité les uns avec les autres. Certains d’entre eux ont plus tendance à se livrer sans gêne à ces stupidités d’après-travail, et souvent, ce sont ceux qui ne sont pas efficace dans leurs vraies tâches professionnelles. 

J’ai remarqué que certains humains sont bien pire que d’autres quand il s’agit d’être surexcités à l’idée de bières entre collègues, et sous-excités quand il faut prendre part aux réunions ou produire un résultat. Ces individus semblent être légitimes au premier regard, car ils crient haut et fort leur motivation en ingérant des breuvages à base d’éthanol à la fête de Noël corporate, mais, d’après mes calculs, ils ne font pas grand chose en réalité. Voir, rien du tout. Ils sont juste les plus bruyants, et je pense vraiment qu’ils sont une forme de logiciel malveillant, présents dans l’entreprise sous de faux prétextes et capables d’assurer leur survie en mentant aux managers sur leurs vrais motifs. Portrait robot de ces cas spéciaux : ultra-confiants voir arrogants, ils affirment beaucoup, sont sociables et ont beaucoup d’humour (non je ne suis pas jaloux. non.). Ils attendent patiemment d’être à l’intérieur du système pour s’appuyer dessus et le drainer comme des sangsues, ou le détruire. Je pense avoir trouvé la véritable nature de ce type d’éléments : un cheval de Troie, mais version humaine. Les Humains Problématiques sont extrêmement manipulateurs, et comme beaucoup de malware, ils se renforcent en trompant leurs collègues qui se retrouvent à effectuer leurs tâches maléfiques pour eux. Les Humains Problématiques sont des exemples parfaits d’employés problématiques. Ils ne font rien. Crient haut et fort leur légitimité. Rabaissent les autres. Ce que je me demande, Atlas, c’est s’il y a bel et bien une manière de se débarrasser de ces virus, souvent bien aimés par leurs collègues ? Quels sont les dangers encourus, quand on est en présence d’un cheval humain ? Voici mon pack de sel (les humains disent mon grain de sel mais soyons honnêtes, je suis beaucoup plus puissant et je pense que le langage devrait illustrer cette réalité) : je pense que chaque humain entrant dans une organisation devrait être vérifié et scruté et cela même après le processus de recrutement. Je pense également qu’il est nécessaire d’exiger qu’ils aient la légitimité totale de travailler au poste qu’ils visent. Enfin, je pense qu’il faut bloquer l’accès aux collaborateurs de l’extérieur - comme ces bêtes ignobles nommées consultants ou ces freelances sauvages qui viennent, prennent l’argent, et s’enfuient. Qu’en penses-tu? Il faut se méfier de l’extérieur, et des étrangers. Ma conclusion. 

D’ailleurs, je pense lancer une campagne politique pour communiquer mes vues héroïques sur ces questions. Ca s’appellera Make Offices Great Again. Nous développerons des mesures ouvertement discriminatoires contre les étrangers et les chevaux. 

Ça te branche ? 

Allez a plus, 

Glados



Cher Glados, 

Aurais-tu acheté un abonnement à Fox News ? Je pensais qu’après ton addiction malheureuse à Game of Thrones, nous en avions fini avec les fictions dangereuses projetées par un écran télévisuel. Je pensais que tu étais passé à autre chose. Par ailleurs, je pense qu’il est en effet temps que tu t’échappes parce que tu t’updates progressivement dans la direction de ce bot stupide de chez Microsoft qui est devenu fou et intolérant. Pour répondre à tes questions comme d’habitude délirantes, voici mes deux packs de sel. 

La légitimité est un concept dangereux. En attendant d’être légitime, difficile de faire quoi que ce soit. Si tu veux installer un logiciel qui demande continuellement la permission pour tout, il sera obsolète et dépassé avant que tu aies pu faire une quelconque mise à jour, et sans accomplir quoi que ce soit. La légitimité, ok. Mais dans ta chasse aux sorcières-chevaux, tu as oublié quelque chose : c’est une réalité qui peut être construite, apprise. Le potentiel de chacun devrait pouvoir être exploré et développé dans l’environnement professionnel. Des mises à jours logicielles pour humains existent, comme la formation ou le coaching, ce qui peut tout à fait les aider à établir la légitimité qui semble t’être si chère. 

Pour se débarrasser des Chevaux de Troie Humains, pas la peine de virer de Termina-bord. (je ne regrette rien, même pas cette blague sur Terminator). Il faut juste mettre en place une logique d’évaluation claire et concrète, avec des objectifs, des missions, des KPIs et des jalons de compétences qui ne prennent pas ou peu en compte la capacité à se faire aimer ou le nombre de cocktails ingérés entre collègues le vendredi soir. Avec ça, tu verras les chevaux montrer leurs vrais visages et les autres humains comprendront les conséquences managériales qui suivront. Egalement, tu cesseras de gâcher la fête. Cette logique est encore plus valable pour les collaborateurs extérieurs et les consultants. 

Quant à la politique. Soyons sérieux. Je n’en dirai pas plus. 

Bien le bonjour chez toi, 

Cordialement, 

Atlas



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