Transparence et marque employeur : je t’aime moi non plus

Forcer quelqu’un à un certain lâcher-prise n’est rien d’autre qu’un non sens en soi ! Et avec la transparence pour la marque employeur, c’est un peu la même histoire : les marques ont envie d’ouvrir leurs portes mais voudraient pour autant, pouvoir garder le contrôle. Mais alors, que faire ? Cet article a pour objectif de faire le tour d’initiatives intéressantes, qui vont dans le sens de la transparence, renouvelant par là-même la relation employeur / salariés.


La notion de transparence est riche et renvoie à des leviers différents pour la marque employeur. Elle est en effet potentiellement partout en entreprise : dans le management, dans les process de recrutement, dans les méthodes de travail, dans la communication extérieure sur les résultats, dans la progression des salariés, dans le partage des enjeux et des difficultés… 

La transparence, les transparences ?

Toutes les formes de transparences poursuivent un même objectif : installer un climat de confiance, où les frontières sont claires pour chacun, où la communication peut in fine se faire facilement. Confiance puisque les propos mais aussi les actes ne seront pas remis en question, face à une structure qui n’a, en théorie, rien à cacher. 

L’idée semble donc louable à première vue : créer une atmosphère propice à une parole libérée, où chacun peut se sentir libre de prendre la parole, de communiquer, de s’opposer. Bref, d’imaginer et de bien travailler ! 

Faire le choix de la transparence, c’est du courage

La transparence, c’est prendre des risques. C’est en effet une posture qui implique d’oser aller à la confrontation, oser voir les choses en face. Ne pas vivre dans sa tour d’ivoire, pensant que tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Mais au contraire, c’est un acte « courageux » pour oser aller demander, comprendre et s’améliorer. En laissant apparaître les coulisses, la marque employeur redescend de son piédestal : elle se positionne au même niveau que ses salariés. 

Et quand les employeurs se retrouvent évalués sur les réseaux sociaux et autres sites de recrutement, c’est une prise de risque claire et visible de tous. À l’entreprise alors d’assumer et de prendre en compte les remarques plutôt que de jouer la politique de l’autruche et se mettre alors en marge des pratiques actuelles. 

De même, laisser les clés de son entreprise à ses salariés peut paraître effrayant. Pourtant, c’est une occasion formidable de se démarquer et de créer du contact, avec des contenus moins lisses qui sonnent juste. 

La transparence : un moyen plutôt qu’une finalité

La transparence peut être abordée en entreprise comme un excellent levier pour acquérir une solide réputation, où les paroles rejoignent les actes. Une belle opportunité pour creuser l’écart avec des concurrents moins rigoureux. Car les candidats mais aussi les employés sont aujourd’hui exigeants pour retrouver concrètement ce qu’on a pu leur vendre en amont de leur embauche. 

Buffer est un bel exemple : tous les leviers de la transparence sont utilisés et il est très facile de retrouver, sur leur site, les engagements concrètement pris par l’employeur. Des faits, rien que des faits.

C’est d’ailleurs le coeur de cette interview menée auprès de Daniel Grunebaum, Chief Talent Officer : « Ça fait partie de notre ADN chez Wemanity : dès que le candidat passe notre porte, on lui donne une roadmap de l’entreprise. Je demande à mes équipes de ne pas raconter des histoires et de ne pas vendre de rêve là où il n’y en a pas. On a pivoté trois fois ces cinq dernières années et on ne s’en cache pas. » 

Transparent, un jour, transparent toujours

Faire preuve de transparence est un travail de longue haleine. Celle-ci n’est en effet jamais acquise et demande donc des efforts en continu. Fermer ne serait-ce qu’une fois vos portes (au sens littéral comme figuré) et les doutes reviendront de suite. Les crises managériales ou les mauvaises pratiques de recrutement peuvent en effet très vite ternir votre image et remettre complètement en cause votre idée de transparence. 

La transparence, c’est pour tous et par tous…

Vous l’aurez compris, faire le choix de la transparence c’est faire en sorte que chacun soit au même niveau d’information. Mais au-delà, c’est donner un pouvoir décisionnel plus important, dans une logique d’horizontalité des rapports. 

Le groupe Accor - avec son shadow comex - en est un bel exemple. Qui n’a pas déjà rêvé d’être une souris pour voir comment se passe un comité exécutif d’une grande société ? En créant un deuxième comex, constitué de jeunes, l’entreprise fait le pari de présenter son entreprise à coeur ouvert, pour faire face à des enjeux qu’elle ne se sent pas maîtriser. 

Un sens du collectif à déployer et faire vivre au quotidien

C’est en partant de ce constat que la société britannique Smarkets a défini sa politique salariale. Les augmentations sont validées ou non collectivement et le salaire n’est plus un sujet tabou, puisque tout est écrit noir sur blanc.  

Sur la question du salaire, difficile de ne pas parler d’Alan et de sa grille de rémunération partagée à l’ensemble des collaborateurs. L’objectif pour l’employeur ? « Eviter les inégalités salariales liées aux capacités de négociation. »

Mais faut-il pour autant tout dire ?

Mettre ses salariés dans la confidence crée nécessairement de la proximité voire de l’engagement. La question n’est finalement pas tant de tout dire ou non mais plutôt de bien le dire, en trouvant son propre style. 

Un exemple ? Intuit a choisi de fêter les échecs en instaurant un nouveau rituel : les fêtes de l’échec. L’ambiance est décomplexante, l’idée étant de partager et de sans cesse s’améliorer. Chacun est invité à prendre la parole, sans volonté de tout maîtriser, pour pouvoir raconter à toute l’entreprise de belles histoires, qu’elles aient une fin heureuse ou non. 

La transparence : pour recruter ou fidéliser ?

Les deux ! La marque employeur a tout intérêt à s’engager dans cette voie pour donner à voir l’envers du décor et éviter les déceptions dans un processus de recrutement. Zappos est d’ailleurs une entreprise intéressante : elle offre une prime de 3000 dollars à tout nouveau salarié qui choisit de partir en fin de période d'essai. L’idée ? S’assurer de sa motivation réelle pour le poste et l’entreprise. La base de la transparence. 

Mais c’est aussi intéressant pour fidéliser : une belle manière d’impliquer, de partager plus qu’une réunion annuelle où personne n’écoutera les chiffres. Trouver d’autres moyens pour partager et avancer ensemble… 

La transparence, levier largement utilisé pour la marque commerciale, est au coeur des enjeux pour les employeurs. Tant pour leur communication corporate que pour le recrutement et la fidélisation des talents. C’est en revanche un concept exigeant : la faute est peu pardonnable et il s’agit d’être vigilant. 

Contrairement à la confiance, ce n’est pas un capital qui se gagne. Pour autant, il semble indispensable de s’engager sur ce chemin : en adaptant certaines de ces initiatives à votre marque, vous serez à même d’enclencher un dialogue et vous positionner durablement sur des sujets à forte valeur ajoutée.


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Rédaction : Solenne Faure

Photos : WTTJ

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